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livre : Robert Guillain : Les Geishas

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livre : Robert Guillain : Les Geishas

Message  Philippe le Sam 16 Juin - 11:35

Robert Guillain est un reporter et écrivain, né en 1908, amoureux du japon où il a vécu de nombreuses années.
Il s'est marié avec une japonaise dont il a eu 2 enfants.

Son livre, "les Geishas", date de 1988


La seule critique qu'on puisse faire à ce livre est qu'il contient quelques tournures de styles et phrases alambiquées ou à rallonge qui obligent le lecteur à les relire plusieurs fois pour en capter le sens...

...par contre, côté positif, l'auteur y raconte une foule d'anecdotes sur les Geishas, du temps où il vivait au Japon en tant que journaliste avant et après la seconde guerre mondiale, et dresse un portrait de ses "créatures méconnues" des occidentaux, en profitant au passage pour balayer le cliché comme quoi les geishas étaient des prostituées, ce qui est bien sûr faux.
Cette idée est née du fait que les jeunes femmes qui ne pouvaient pas devenir geisha (pas assez de talent, pas dans les normes physiques du modèle de la geisha) devenaient des prostituées, et surtout du fait qu'après la guerre, beaucoup de jeunes femmes japonaises se prostituaient auprès des militaires américains débarqués au Japon, se faisant passer pour des "Geisha" en portant des kimonos.
Les geishas, elles, tentaient de reprendre doucement leur activités de femmes des arts qu'elles avaient mis en suspens pendant la guerre.

page 161, Robert Guillain oriente son discours en tentant de dresser un portrait de l'esprit japonais, en parlant de l'esthétique, puis du style dans l'art, et du vide, et du haïku, le poème japonais très court et plein de sens.
Puis il en vient au soin associé à ce que les japonais font, pour en revenir aux geishas.


je cite : les passages omis sont entre (...)

" Cette éducation des geishas, et plus tard cette vie de geishas parmi les geishas, qu'est-ce donc qu'elle enseigne à ses patientes adeptes ? Selon moi, elle en fait avant tout les prêtresses de l'esthétique. L'esthétique est une clef maîtresse de ce pays, qui commande non seulement l'aspect des objets, mais la conduite des hommes et jusqu'à leur vie sociale, leur politique, leur morale. (...)
Bien souvent la notion de bien et de mal est remplacée par celle d'esthétique et d'inesthétique. L'esthétique prime la morale. Ou encore, l'esthétique sert de morale. Le monde des fleurs et des saules est un monde esthétique. (...)
S'entourer de beaux objets et rechercher l'harmonie des personnes, se méfier des innovations dans l'art, éviter d'afficher un désaccord dans les opinions, redouter les réactions incontrôlées, s'interdire toute grimace et garder le sourire, voilà au hasard quelques notions dont l'esthétique japonaise me paraît faite.
Savoir ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Ne pas faire de l'art une constante invention personnelle, le vouloir au contraire conforme aux modèles reconnus. Tout faire pour entrer dans un style. Le style, voilà la grande exigence, l'absence de style, voilà la faiblesse grave.
Le style limite la liberté de l'artiste, mais le grand art nait de l'affrontement du génie avec le style. On est ici à l'opposé, aux yeux des japonais traditionalistes, de la liberté quasi anarchique des occidentaux dans leur comportement et dans leur art.
Autre aspect de l'esthétique japonaise : le vide, ou du moins le refus de l'encombrement : meubles, tableaux, bibelots, tentures, etc. Quand une chose belle est là, on l'isole autant qu'il est possible, on en augmente l'éclat par le vide qui l'entoure.
Cela est valable pour toute l'architecture, et même pour la religion et pour la poésie. Le sanctuaire shinto est vide : à vous de le remplir de votre médiation ou de votre révérence. Le haïku propose en quelques syllabes un événement apparemment minime et se tait aussitôt : à vous de l'élargir de vos rêves jusqu'à l'infini.
Définition que je propose pour le haïku : quelques mots qui se sont évadés du silence.
(...)
Un élément associé aux conceptions japonaise de la beauté est encore le soin.
L'occidental peu soigneux n'a pas idée de l'exigence minutieuse qui vient peut-être de l'apprentissage des idéogrammes méticuleux. L'amabilité et la politesse en relèvent comme une calligraphie des relations sociales.
Certes ce pays de contrastes et de contradictions oublie et viole souvent le raffinement, les bonnes manières et le bon goût, notamment sur le versant occidental de sa vie.
Mais la geisha appartient éminemment au versant japonais authentique. Et le peuple même est largement imprégné du sens esthétique, car à travers le âges celui-ci s'est diffusé de la noblesse à la cour, et à la bourgeoisie, enfin à la masse toute entière éduquée de l'après-guerre."



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Philippe
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